26 novembre 2008
La téléréalité culinaire de M6 est-elle bien la réalité ?
Las de monopoliser vos pages de commentaires et de déverser mon fiel sur vos blogs, je me suis dit que j’allais faire ma propre analyse émotionnelle des émissions de réalité culinaire de la chaine de la réalité vraie, j’ai nommé : M6 !
Comme beaucoup d’autres je suis ces émissions ; et, finalement, j’ai beau critiquer, l’objectif est atteint : je regarde ! (un peu, faut quand même pas pousser !)
Et à chaque fois le même constat : pourquoi un tel gâchis ?
Pour parler d’un « Dîner presque parfait », cette émission me semblait être une bonne idée, c’est ça le pire ! Sans être du métier je me doute bien qu’un casting est nécessaire pour éviter les dérives et les pertes de temps en coupant des scènes inappropriées à la télédiffusion. Mais pourquoi tomber dans le piège de la catégorisation? On aime bien ranger les gens dans des cases, vous savez les fameuses catégories socioprofessionnelles où vous ne vous retrouvez jamais (moi pas en tout cas). Puis par âges : Les juniors, les médiors, les séniors (ça c’est la mode, dépêchez vous de vieillir avant que ça passe), les vieillors???? Non ça ce n’est pas politiquement correct, on oublie !
Mais revenons-en à « Un dîner presque parfait». On a vraiment l’impression que ce sont les mêmes gens qui participent à l’émission chaque semaine tant la sélection est strictement identique d’une fois sur l’autre : Le (ou la, bien sûr…) technicien, « pro » et branché. La mère de famille ultra-classique désorganisée et stressée. Le chieur, difficile et pinailleur qui au final ne fait pas mieux que les autres. Le benêt qui aime la terre entière et la couvrirait de cadeaux. Et pour finir l’amuseur public qui ferait bien de se rendre compte qu’il est ridicule (pas gentil de la part de M6 d’en jouer, vraiment pas !)
Faites faire la cuisine à tous ces gens là (enfin un peu, car la cuisine passe vraiment au second plan), assurez vous que leur salle de bain soit petite, moche et mal rangée, c’est encore mieux ; et c’est parti mon kiki pour une « bonne » émission !
Véro, ma copine Lilloise caricaturiste et chanteuse (d’ailleurs un peu de pub, allez voir ses sites là et son Myspace là : sa dernière chanson est trop top !) me demandait pourquoi je ne m’inscrivais pas pour y participer? Je lui ai répondu que j’avais trop honte de ma salle de bain, encore plus moche que celles qu’on voit d’habitude dans l'émission. Alors je préfère renoncer que d’être éliminé au casting pour "salle de bain défaillante", j’ai ma fierté. Et c’est dommage car j’avais déjà repéré ma catégorie (non ce n’est pas la « mère de famille stressée » !)
Alors, cerise sur le gâteau, M6 vient de faire encore mieux ! Si, si c’est possible ! « Le chef contre attaque » ! Don Diégo de la Vega, aristocrate espagnol exilé en pourfendeur masqué c’était déjà fait… Mais un chef cuistot… à l’assaut de la malbouffe avec des méthodes de commando parachutiste là je dis bravo ! J’espère au moins que Cyril Lignac a besoin d’argent, et dans ce cas il n’y a pas de sous-métier, il faut travailler. On peut alors le féliciter d’avoir décroché ce job ! Sinon… je vois pas?
Alors si vous avez loupé l’émission de la semaine dernière je résume avec perfidie : le grand Cyril s’attaque à la malbouffe, aidé qui plus est d’un médecin (j’ai honte, si vous saviez…). Il débarque dans une usine de fabrication de pièces pour l'aéronautique où il constate horrifié que les ouvriers mangent des pizzas, sandwiches, kebabs et autres grassetés goulument délectueuses, sur le pouce entre midi et deux ! Horreur, s’insurge t’il aidé du docteur qui crie presque aussi fort que lui ! Alors on reprend en main tout ce petit monde, on les pèse et les mesure, leur fait la morale et leur explique qu’il faut au moins 5 fruits et légumes par jour et qu’avec leur 1000 euros par mois ils pourraient quand même faire un effort pour manger du poisson et des produits frais non, merde ! En plus bien sûr, comme aucun d'eux n'a fait d'école hôtelière, c'est l'occasion de faire de la formation...
Alors c’est parti pour des cours de cuisine dans le hangar de l’usine (j’espère que la boite n’avait pas de retard de production…). Puis Cyril découvre encore plus horrifié que la cuisine et la salle de repas mises à disposition des ouvriers sont dans un état lamentable (là je suis d’accord). Alors c’est reparti pour des travaux : un cuisiniste vient refaire tout ça à neuf, dans un vert super tendance ! Deux fours, deux plaques à induction quatre feux, un bain marie pro, deux frigos, etc… Et une salle de réfectoire superbe ! Vous voyez que c’est faux quand on nous dit que les banquiers n’aident plus les PME… on nous raconte vraiment n’importe quoi ! En plus le patron était ravi d’offrir ça à ses employés, enfin il en avait l’air… Ah peut être était-ce M6 le généreux donateur ? J’ai pas fait attention… j’avoue.
Alors quand même une petite erreur de montage à déplorer : un des salariés, au début de l’émission dit que c’est « utopiste »… (D’ailleurs on ne le reverra pas). Oh le vilain bonhomme aux pensées négatives ! Mais non, on a fait exprès de laisser cette parole malheureuse... Car quelques jours après, quatre collègues (sans doute en RTT ?) font le repas de midi pour tout le monde alors qu’aucun d’eux n’avait jamais touché une casserole auparavant… et équilibré en plus ! La théorie de Gusto est vraie (voir "Ratatouille") « tout le monde peut cuisiner », na !
Dans l’émission de cette semaine, « Cyril masqué » vole au secours des habitants d'un quartier : mangez du poisson, ce ne sont pas les variétés qui manquent non ? Et les légumes frais vous savez ce que c’est bon sang ? Je vais pas vous la refaire… j’ai plus la voix assez cassée, là je fatigue.
La scène que j’ai adorée, est quand, pour donner une leçon de modestie à une mère famille qui croyait tout savoir de la cuisine, Cyril Lignac l’embauche une journée dans la brigade de son restaurant et finit par la faire pleurer en plein coup de feu (oui, oui) : « On te l’avait pas dit que t’étais pas bonne ? Alors maintenant, cocotte, sois modeste et écoute les conseils qu’on te donne ! » Je résume, bien sur… et forcément j’en rajoute aussi un peu (mais à peine). La cuisine n’est pas un métier facile, on le savait, mais Cyril nous l’a redémontré brillamment… Merci !
Alors pour finir sur une note optimiste, Cyril Lignac laisse les clés de son restaurant (auquel il tient plus qu’à tout, nous précise t’il) à un aréopage de ses apprentis téléréalistes. Puis il fait venir dans la salle à huis clos (quand même) 40 personnes, familles et amis. Et bien croyez le si vous voulez, mais sous la direction du chef vengeur, ces « débutants rebutés » qui pensaient jusqu’alors que tous les poissons étaient panés, servent à leurs proches un repas « gastro-cool », certes un peu long à l’envoi mais quasiment parfait ! La boucle est bouclée avec le « presque parfait dîner » du début. Elle est pas belle la vie ?
Bon à part ça, et si vous ouvriez les yeux pour regarder la télé… réalité ?
Bon appétit ! (bien sûr…)



